Coream Cuisine a définitivement tiré le rideau après une liquidation judiciaire prononcée en 2022 et une radiation actée en juin 2025. Si vous aviez un projet en cours avec ce cuisiniste de Lunel-Viel ou si vous cherchez simplement à éviter les mauvaises surprises pour vos prochains travaux, voici tout ce qu’il faut savoir et, surtout, les bons réflexes à adopter avant de signer un nouveau devis.
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Qui était Coream Cuisine, ce cuisiniste de l’Hérault aujourd’hui disparu ?
Avant d’aborder la question de la liquidation, il est utile de comprendre à qui les clients faisaient confiance. Coream Cuisine, immatriculée sous la dénomination CO.RE.AM CUISINES, était une SARL fondée en juillet 2018 et installée au 74 rue des Compagnons à Lunel-Viel, dans l’Hérault.
L’enseigne s’était positionnée comme un interlocuteur unique pour des projets clé en main : conception, fabrication et pose. Elle revendiquait une expérience de quinze ans héritée de son dirigeant, ce qui lui donnait une légitimité forte auprès d’une clientèle locale en recherche de sérénité.
Une offre globale autour de la cuisine et des pièces d’eau
Le savoir-faire de l’équipe ne se limitait pas aux cuisines aménagées. Il s’étendait aux salles de bains sur mesure, aux dressings et à l’agencement intérieur dans son ensemble. Cette polyvalence permettait de coordonner plusieurs chantiers avec un seul prestataire, ce qui constituait un argument commercial fort.
Sur le plan technique, Coream Cuisine misait sur des matériaux haut de gamme, un service de relevé métrique à domicile et un protocole structuré du devis jusqu’à la réception. Sur le papier, la promesse était convaincante.
À retenir : la longévité affichée d’une enseigne ne garantit jamais sa solidité financière. Une entreprise peut séduire par son ancrage local tout en cumulant des fragilités économiques invisibles pour le grand public.
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Pourquoi Coream Cuisine est-elle entrée en liquidation judiciaire ?
La trajectoire de l’enseigne illustre un paradoxe fréquent dans le secteur du bâtiment : un chiffre d’affaires en croissance ne suffit pas toujours à empêcher une cessation de paiement. Entre 2020 et 2021, le CA de Coream Cuisine avait pourtant progressé de 14,8 %, signe d’une activité commerciale réelle.
Mais en 2021, le résultat net affichait à peine 8 390 €. Une marge anémique, totalement insuffisante pour absorber les imprévus de trésorerie, financer les stocks de matériaux et tenir face aux retards de paiement.
Le calendrier précis de la chute
Voici les dates clés à retenir pour comprendre la procédure :
- Juillet 2018 : création de la SARL avec un capital de 10 000 €
- Mai 2022 : cessation des paiements actée
- Septembre 2022 : ouverture de la procédure de liquidation judiciaire
- 27 juin 2025 : clôture pour insuffisance d’actif et radiation définitive du RCS
Concrètement, l’établissement situé rue des Compagnons est fermé et l’entreprise n’existe plus juridiquement. Aucun nouveau devis ne peut être signé avec Coream Cuisine.
Les signaux qui auraient pu alerter
Avec le recul, plusieurs indicateurs suggéraient une fragilité : marges très faibles, capitaux propres limités, absence de réserves financières. Pour un consommateur, ces données restent souvent invisibles, sauf à consulter activement les bilans publiés sur des plateformes comme Société.com ou Infogreffe.
Erreur à éviter : se fier uniquement aux avis clients positifs et au « feeling » en magasin. Les avis reflètent l’expérience passée, pas la santé comptable actuelle de l’entreprise.

Que faire si vous aviez un chantier en cours avec Coream Cuisine ?
Si vous lisez cet article parce qu’un acompte est resté chez Coream, ne paniquez pas, mais agissez vite. Les délais légaux jouent contre vous, et chaque semaine compte.
Identifier et contacter le liquidateur judiciaire
Première étape incontournable : retrouver les coordonnées du mandataire judiciaire désigné par le tribunal de commerce. Vous pouvez les obtenir sur :
- le site Bodacc.fr en saisissant le SIREN de Coream Cuisine (841 526 049)
- la plateforme Infogreffe
- le greffe du tribunal de commerce dont dépendait l’entreprise
Adressez-lui ensuite un courrier en lettre recommandée avec accusé de réception pour faire valoir vos droits. Le liquidateur dispose d’un délai d’un mois pour vous répondre. Son silence vaut refus, et le contrat est alors automatiquement résilié.
Déclarer votre créance dans les temps
Le point critique : vous avez deux mois à compter de la publication de la liquidation au BODACC pour déclarer votre créance. Passé ce délai, c’est la forclusion, et vos chances de remboursement s’effondrent presque totalement.
Pour constituer votre dossier, rassemblez :
- le devis signé et tous ses annexes
- les factures d’acompte et les preuves de paiement
- les échanges de mails et SMS avec le commercial
- les éventuels constats d’huissier d’avancement de chantier
- les photos datées du chantier en l’état
Astuce : si vous aviez réglé par chèque non encaissé au moment de l’annonce, faites immédiatement opposition auprès de votre banque. C’est souvent la seule manière de récupérer une somme en totalité.
Faire constater l’avancement réel des travaux
Un piège fréquent : le liquidateur peut au contraire vous réclamer un solde s’il estime que les prestations dépassent vos versements. Pour vous protéger, faites établir un constat d’huissier ou un état des lieux contradictoire avec un autre artisan. Ce document devient votre meilleure défense.
Si les travaux n’ont jamais commencé, déclarez l’intégralité de l’acompte. Si le chantier est partiellement réalisé, ne déclarez que la part non exécutée.
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Comment vérifier la solidité financière d’un cuisiniste avant de signer ?
L’histoire de Coream Cuisine doit servir de leçon, pas seulement de fait divers. Avant tout nouveau projet d’aménagement, quelques vérifications de cinq à dix minutes peuvent vous éviter des mois de stress.
Les outils gratuits à utiliser systématiquement
Trois plateformes vous donnent accès à l’état civil d’une entreprise :
- Infogreffe pour le statut juridique et les procédures collectives
- Société.com pour les bilans, dirigeants et historique
- Bodacc.fr pour les annonces légales (création, modification, liquidation)
Recherchez le numéro SIREN ou le nom exact. Vérifiez que la mention « en activité » apparaît clairement et qu’aucune procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation n’est ouverte.
Lire un bilan, même sans être comptable
Pas besoin d’être expert-comptable pour repérer trois indicateurs simples :
- Les capitaux propres doivent être positifs et idéalement supérieurs à 30 % du chiffre d’affaires
- Le résultat net sur les trois derniers exercices doit montrer une rentabilité régulière
- L’évolution du chiffre d’affaires doit rester cohérente avec les effectifs
Un cuisiniste qui refuse de publier ses comptes ou qui accumule des pertes chroniques doit immédiatement vous alerter. Ce n’est pas de la méfiance, c’est de la prudence élémentaire.
Demander les attestations d’assurance obligatoires
Tout professionnel de la pose doit fournir, à jour :
- son assurance décennale (couvre les défauts pendant dix ans)
- son assurance de responsabilité civile professionnelle
- son attestation de garantie biennale sur les équipements dissociables
Exigez ces documents avant de signer le devis. Vérifiez la date de validité et l’adéquation des activités couvertes avec les travaux prévus. Cela paraît tatillon, mais c’est ce qui distingue un acheteur averti d’un futur sinistré.
Quelles alternatives concrètes après la fermeture de Coream Cuisine ?
L’aménagement de cuisine reste un marché dynamique dans l’Hérault et autour de Montpellier. Plusieurs options existent selon votre budget et vos exigences esthétiques.
Les grandes enseignes nationales
Pour un projet clé en main avec garanties solides, les enseignes comme Schmidt, Cuisinella, Mobalpa, Ixina ou SoCoo’c offrent un cadre rassurant. Leur force : un réseau structuré, des assurances groupe et une continuité de service même en cas de défaillance d’un franchisé.
Le bémol : des tarifs souvent plus élevés et une personnalisation parfois bridée par le catalogue.
Les artisans cuisinistes locaux
Pour du vrai sur mesure, l’artisan indépendant reste imbattable sur la créativité et la précision technique. Cherchez de préférence un artisan :
- certifié RGE ou Qualibat
- inscrit à la Chambre des Métiers
- bénéficiant d’au moins cinq années d’ancienneté sous le même statut
Demandez systématiquement à visiter une réalisation récente chez un client. Un professionnel sérieux acceptera sans difficulté.
Les solutions hybrides : meubles en ligne et pose locale
De plus en plus de propriétaires combinent l’achat de meubles auprès d’enseignes comme IKEA, Lapeyre ou Leroy Merlin avec la pose par un artisan local. Cette approche permet de maîtriser le budget tout en bénéficiant d’une installation soignée.
Comptez en moyenne 800 à 1 500 € pour la pose complète d’une cuisine de taille standard, hors plomberie et électricité.
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Comment sécuriser votre projet de cuisine de A à Z ?
Au-delà du choix du prestataire, la sécurité d’un chantier repose sur la rédaction du contrat et le séquençage des paiements. Voici les règles d’or à appliquer sans exception.
Maîtriser le calendrier des paiements
Le scénario à éviter absolument : un acompte massif versé à la signature, puis le solde appelé bien avant la fin réelle des travaux. Ce déséquilibre vous expose totalement en cas de défaillance.
La règle saine consiste à lier chaque versement à une étape vérifiable :
- 20 à 30 % maximum à la signature du devis
- 30 à 40 % à la livraison des meubles sur site
- 20 à 30 % au démarrage de la pose
- 10 à 15 % à la réception du chantier sans réserve
Refusez tout devis qui demande plus de 40 % d’acompte initial. Ce signal indique presque toujours une trésorerie tendue côté professionnel.
Soigner la rédaction du devis
Un devis béton mentionne :
- la désignation précise de chaque meuble, plan de travail et accessoire (référence, finition, dimensions)
- la marque des appareils électroménagers et leur modèle exact
- le délai d’exécution ferme avec pénalités de retard
- les conditions de réception et les modalités de levée des réserves
- les garanties applicables et leur durée
Astuce : demandez systématiquement la mention « prix ferme et définitif » pour éviter toute révision tarifaire en cours de chantier.
Protéger juridiquement votre investissement
Pensez à activer la protection juridique souvent incluse dans votre contrat multirisque habitation. Elle prend en charge les frais d’avocat et d’huissier en cas de litige avec un artisan.
Pour les projets dépassant 15 000 €, envisagez sérieusement une assurance dommages-ouvrage. Elle reste méconnue pour les chantiers de cuisine, mais elle accélère considérablement l’indemnisation en cas de malfaçon.
Erreur à éviter : payer en espèces au-delà de 1 000 € est non seulement illégal, mais cela vous prive de toute trace bancaire utile en cas de litige. Privilégiez le virement ou le chèque.
L’essentiel à retenir sur Coream Cuisine et la sécurité de vos travaux
Le cas Coream Cuisine rappelle une vérité que beaucoup de propriétaires apprennent trop tard : un cuisiniste avec pignon sur rue, quinze ans d’expérience affichés et de bons avis peut malgré tout disparaître du jour au lendemain. La liquidation judiciaire prononcée en 2022 et la radiation de juin 2025 ont laissé des chantiers inachevés et des acomptes envolés.
La leçon est claire : la vigilance préalable vaut mille recours postérieurs. Vérifier un SIREN sur Infogreffe prend cinq minutes. Exiger les attestations d’assurance prend deux mails. Échelonner les paiements n’enlève rien à la qualité du chantier mais protège tout votre investissement.
Si vous démarrez un projet de cuisine, prenez le temps. Comparez trois à cinq devis détaillés, croisez les informations financières publiques, et signez en connaissance de cause. C’est le meilleur moyen de transformer votre cuisine sans transformer votre quotidien en cauchemar administratif.



